Etude : La croissance du crowdfunding français

Le crowdfunding se développe mondialement à grande vitesse ces 5 dernières années, mais comment expliquer cette croissance exponentielle en France ?

Énormément de facteurs ont joué, et jouent toujours sur le succès du crowdfunding. Nous identifions 3 facteurs majeurs qui ont pu avoir un rôle déterminant sur le secteur :

La crise :

La crise économique que nous avons connubroken euro isolated on white background a permis au crowdfunding d’apparaître comme une nouvelle alternative aux systèmes de financement traditionnels. En effet, dans un contexte où il est difficile pour les entrepreneurs et les personnes innovantes de trouver des fonds financiers via les banques ou les business angels, rendues fragiles par la crise et moins aptes à débloquer des fonds, la finance participative a permis à bon nombre de projets de voir le jour. Permettant d’une part de s’adresser directement à une clientèle potentielle, et d’autre part à connaître l’engouement du grand public pour un projet, le crowdfunding a tout de suite été perçu de manière positive. Une image positive favorisée par la mauvaise réputation que les banques peuvent avoir aujourd’hui aux yeux du grand public.

Économie collaborative / Web 2.0 :crowdfunding

Le développement du crowdfunding est à mettre en parallèle avec le développement de l’économie collaborative. En effet, nous pouvons constater qu’un grand nombre d’initiatives innovantes aujourd’hui font appel au grand public et à la solidarité pour se développer. Pour fonctionner, l’économie collaborative s’appuie sur 4 grands principes :

– Le principe de la masse critique : la consommation collaborative a besoin pour fonctionner d’attirer une communauté assez importante pour que l’initiative collaborative reste attractive. Ce principe permet d’obtenir un phénomène qui incite les gens à s’engager à leur tour lorsqu’ils voient leurs pairs participer à une initiative collaborative. Autrement dit, plus un nombre important de personnes s’engagent, plus ils rendront cette dernière légitime et importante.

– Le principe « d’accès aux gisements de capacités excédentaires que la consommation collaborative peut mettre à profit ». Un exemple concret pour illustrer ce principe ; une personne lambda utilisera au court de sa vie une perceuse entre 6 et 13 minutes. Or aux Etats Unis, 50 millions de personnes en possèdent. Cette situation correspond au gisement de capacité excédentaire. La consommation collaborative a pour rôle de permettre, souvient via Internet, la mutualisation de ce bien afin de supprimer le besoin d’avoir une perceuse chez soi. C’est d’ailleurs ce que propose ILokYou, un site français proposant de la location de bien entre particuliers.

– Le principe de la confiance requise pour participer à une gestion collective de biens : Par exemple, l’association « Jardin à Partager », mettant à disposition des jardins de fruits et légumes à disposition au sein des grandes villes Françaises, doit pour fonctionner inspirer confiance à ses membres et sa communauté.

– Le principe de la confiance : Les initiatives collaboratives sont des systèmes dits désintermédiés. En effet, l’organisation à l’origine du système collaboratif met en relation des particuliers sans avoir le rôle d’intermédiaire et donc de garant comme dans les systèmes de distribution classiques. Un lien de confiance doit donc s’établir entre les particuliers.

Comme vous pouvez le constater, tous ces principes sont applicables aux crowdfunding.

Légitimité

Enfin, une question centrale concernant le développement du crowdfunding est la question de man gavel on white backgroundla légitimité de l’activité.

En effet, la législation française a été un véritable frein pour la finance participative. Contrairement aux Etats-Unis, la France a mis beaucoup de temps à proposer un encadrement adapté au secteur.

Cependant, le terme légitimité ne se réduit pas seulement aux lois et réglementations légales.

Il est important de distinguer 3 types de légitimité pour une organisation :

– la légitimité cohésive : correspond à l’aspect légal de l’entreprise. L’entreprise doit agir et organiser son activité en fonction des lois en place dans leur pays.

– la légitimité morale : qui reflète l’évaluation positive des normes d’une organisation et de ses activités. En d’autres termes, l’activité de l’entreprise est elle moralement acceptable ou non?

– la légitimité cognitive : qui est basée sur la compréhension de l’activité, ses finalités, la transparence de l’organisation.

Il semble donc que la légitimité morale et cognitive ont joué un rôle primordial dans le développement du crowdfunding Français.

En effet, les plateformes sont considérées comme moralement positives car elles permettent à bon nombre de personnes de réaliser des projets à caractère innovant. Cela correspond d’ailleurs au système de valeur solidaire que l’on retrouve avec l’économie collaborative.

De plus, le maitre mot des plateformes est la transparence. D’une part, l’activité des plateformes et leur mode de fonctionnement est décrit de manière clair et accessible sur leur site Web, et d’autre part, les projets en financement sont aussi présentés de A a Z. Les communautés des plateformes considèrent donc le secteur comme cognitivement légitime.

Avec l’encadrement officiel du crowdfunding prévu pour le 1er Octobre 2014, nous pouvons prédire un bel avenir pour le crowdfunding Français, et dire un grand merci aux communautés et porteurs de projets qui nous ont fait confiance jusqu’à aujourd’hui !